Manipulation, déni et biais cognitifs.

Manipulation

Pour ce nouvel article depuis plusieurs mois, je délaisse un peu ma casquette d’auteur pour reprendre celle de coach.
Et je vais aborder avec vous le thème suivant : manipulation, déni, et biais cognitifs. Serait-ce un sujet d’actualité ? A vous de voir…


La manipulation

La manipulation est présente à tous les niveaux, dans toutes les sphères de notre vie : amicale, familiale, sentimentale, professionnelle, médiatique, religieuse, gouvernementale. Elle peut donc se rencontrer à petite comme à grande échelle.
Le principe même de la manipulation, c’est qu’elle est discrète, sournoise, et par conséquent souvent difficile à déceler.
Paradoxalement, plus la manipulation est énorme, moins nous aurons tendance à y croire si notre entourage tente de nous ouvrir les yeux. Car bien souvent, l’entourage voit clairement la manipulation alors que la victime en est totalement inconsciente.

Le/la manipulé(e) n’a bien évidemment jamais conscience de l’être. Car si nous sommes conscients d’être manipulés, nous ne sommes par définition plus manipulables.
La manipulation entraîne donc un déni de la part des victimes.

déni autruche

Pourquoi sommes-nous dans le déni ?

Pour quelle raison les victimes de manipulation sont-elles dans le déni ?
Tout simplement parce que nous sommes toujours manipulés par des personnes en qui nous avons toute confiance. Que ce soit dans notre sphère familiale, amicale, ou amoureuse, il est inenvisageable d’imaginer que des personnes que nous aimons nous manipulent. Dans le cadre professionnel, médiatique ou gouvernemental, il est parfois plus facile de s’en rendre compte, mais pas toujours…
Si nous partons du principe que les médias sont là, en théorie, pour nous informer et qu’ils ne font que rapporter des faits, nous leur accordons, là encore, notre confiance. Lorsque nous votons pour un candidat politique, nous lui accordons aussi notre confiance et nous ne pouvons que difficilement imaginer qu’il nous trahisse et nous manipule. Idem pour une autorité religieuse, etc.


Profil des personnes manipulables.

Certains profils de personnes sont également plus facilement manipulables que d’autres.
Ce sont très souvent des personnes droites, honnêtes et assez naïves (la naïveté n’est pas une tare et cela n’a rien de péjoratif.) Leur innocence et leur bonté naturelle ne leur permettent pas d’imaginer que l’esprit humain puisse, dans certains cas, être pervers, manipulateur, voire machiavélique.

Ce sont des personnes qui tombent de très très haut lorsqu’elles découvrent le vrai visage de leur manipulateur/manipulatrice, Elles ressentent alors une profonde trahison/déception et auront beaucoup de mal à s’en remettre. Dans certains cas, elles ressasseront ce passé très longtemps après que les faits se soient produits.
Mais cela peut être un mal pour un bien, car lorsque nous ouvrons les yeux pour la première fois, nous devenons souvent plus conscients de toute autre forme de manipulation.

C’est d’ailleurs pour cette raison que toutes les personnes droites et honnêtes ne sont pas pour autant manipulables. Ces dernières ont bien souvent été victimes d’une ou plusieurs manipulations qui les ont rendues moins naïves et plus lucides.

Toutefois chacun d’entre nous est victime de ses propres biais cognitifs. Par conséquent, nous sommes à la fois victimes de manipulation et acteurs inconscients en entretenant nos biais cognitifs.

biais cognitif

Déni et biais cognitifs.

Qu’est-ce qu’un biais cognitif (ou biais de dissonance cognitive) ?

Nous sommes tous sujets à des biais cognitifs. Vous pouvez être la personne la plus cartésienne, objective et rationnelle qui soit, vous n’y échappez pas.

Un biais cognitif est un mécanisme de traitement d’une information, propre à l’esprit humain, qui dévie de la pensée rationnelle et logique en s’appuyant sur des préjugés, des croyances, des références passées, des opinions communes, et fausse le jugement.

Le concept de « biais cognitifs » a été introduit dans les années 70 par deux psychologues américains, Daniel Kahneman et Amos Tversky, pour expliquer la tendance à aller vers des décisions économiques irrationnelles.

Depuis, des centaines de biais cognitifs ont été identifiés dans de multiples domaines.

Sortes de court-circuit mental, ils sont utilisés de façon systématique et inconsciente par notre cerveau pour traiter rapidement les informations dont nous disposons à un moment donné, de sortent qu’elles coïncident avec notre vision du monde.

Certains de ces raccourcis se sont révélés utiles pour la survie de l’homme préhistorique dans la nature. Mais ces simplifications s’avèrent inadaptées au fur et à mesure que le monde se complexifie et que le flux massif d’informations sommaires et d’avis en tout genre nous submerge.

Alors que des réponses inédites et rationnelles doivent être pensées, il est démontré – et particulièrement en temps de crise – que le recours à des arguments indémontrables augmente. Un phénomène qui s’explique en partie par le sentiment que nos habitudes de pensées, nos croyances et nos préjugés sont menacés.

S’il est impossible d’éviter tous les biais cognitifs, en reconnaître certains peut nous libérer d’emprises (loyautés familiales, éducatives, politiques, commerciales, religieuses…). Moins on y recourt, c’est-à-dire plus on prend le temps de réfléchir et d’observer, plus notre capacité de discernement et notre quotient intellectuel (Q.I) augmentent…

Quelques-uns des nombreux biais cognitifs existants:

Le biais de confirmation

Ce biais consiste à privilégier les informations qui résonnent avec nos hypothèses et nos idées préconçues en ne se souciant ni de leur logique ni de leur véracité. Ce qui rend les débats souvent stériles, chacun des participants se saisissant de ce qui va confirmer son point de vue (politique, social, affectif…) malgré les preuves du contraire, ces dernières pouvant même être utilisées pour renforcer les croyances de chacune des parties. Un mécanisme très banal puisque, selon les tests de calcul du quotient intellectuel, il est à l’œuvre chez 90% des individus.

Le biais de simple exposition

Exploité par la publicité, les médias, la mode, la propagande, le marketing, ce biais résulte d’une exposition répétée à quelque chose ou à une personne (matraquage). Plus on voit tel objet, plus on entend telle affirmation, plus on l’intériorise et plus notre sentiment positif à leur égard augmente. A l’inverse, une chose inédite ou un raisonnement entendu pour la première fois ne seront pas intégrés facilement. Le cerveau n’aime pas la nouveauté qui lui demande plus d’efforts. Il est plus à l’aise dans des automatismes de pensée qui s’acquièrent par le rabâchage.

Le biais de conformité

Le biais de conformité désigne la tendance à rallier l’avis de la majorité (indépendamment de son bien-fondé) au détriment de notre opinion intime. Des expériences ont démontré, face à un problème, qu’un même individu prendra des décisions absurdes s’il a connaissance de l’avis majoritaire et répondra correctement s’il est isolé. Selon les études de l’Université de Princeton, un repli du cortex cérébral – nommé insula – centraliserait les informations de nature émotionnelle et s’activerait lorsque l’individu craint d’être marginalisé par son groupe d’appartenance. C’est pourquoi il faut parfois attendre qu’une information se banalise pour l’assimiler.

Le biais d’autorité

Il s’agit de la tendance à accorder une valeur quasi absolue à l’opinion d’une personne ayant autorité : parents, supérieurs hiérarchiques, personnes politiques, figures religieuses, même si elles contredisent nos expériences ou prennent des décisions douteuses, choquantes ou arbitraires.
Une illustration du proverbe « nul n’est prophète en son pays » : si la même information provient d’une source « non officielle », elle sera traitée avec suspicion mais « gobée » comme une vérité si elle émane d’une source officielle.

L’illusion de savoir

Ce biais consiste à se référer à une situation connue pour appréhender une réalité qui lui ressemble en apparence, sans chercher à observer et à analyser les différences et les éléments nouveaux qui pourraient contredire nos croyances et enrichir notre perception. L’effort d’analyse demandé est délaissé au profit de l’habitude, plus confortable à priori, même si elle mène à des erreurs et des catastrophes…

Le biais d’ancrage

Il s’agit de la tendance à utiliser à tort une information comme référence, souvent le premier élément d’information que l’on a acquis sur le sujet. On constate à quel point il est difficile de remettre en question des paradigmes acquis, et que le recours au « biais de simple exposition » (matraquage) est parfois nécessaire pour intégrer de nouvelles données.

Faites votre introspection.

Ces quelques biais sont les parmi plus évidents. On peut apprendre à les repérer dans notre fonctionnement. Car si notre cerveau se laisse aisément manipuler par eux, il s’en porte bien mieux quand on le préserve de leurs effets. L’imagerie magnétique le démontre d’ailleurs aujourd’hui.

Maintenant, il ne vous reste plus qu’à… faire une petite introspection 😉

  • Quels faits avérés ignorez-vous parce qu’ils menacent vos idées préconçues ?
  • Quels matraquages subissez-vous et acceptez-vous au détriment de raisonnements nouveaux ?
  • A quoi vous conformez-vous par peur d’être marginalisé ?
  • A quelles figures d’autorité accordez-vous une confiance aveugle ?
  • Quelles croyances vous empêchent de voir qu’une situation est différente de celle que vous connaissez ?
  • Quelles premières informations vous empêchent de remettre en question vos paradigmes acquis ?
introspection

Je pourrais vous citer bien des exemples de manipulation, à petite et grande échelle. Mais je préfère vous laisser faire votre introspection et apprendre par vous-mêmes à repérer vos biais cognitifs. Car c’est seulement lorsqu’on en prend conscience par soi-même que l’on parvient à débusquer les petites et grandes manipulations auxquelles nous sommes soumis au quotidien.

Un exemple de biais cognitifs constaté par mes soins

Je ne me permettrai qu’un exemple, flagrant, de biais cognitifs observés par mes soins et, sans le savoir, par bon nombre de fans de Michael Jackson au sujet de la « polémique », chez tous ceux qui maintiennent encore aujourd’hui qu’il était coupable. Plusieurs des biais cognitifs cités ci-dessus ont été à l’œuvre chez ces individus, largement entretenus par les médias.

Relisez la description de chaque biais cognitif et vous allez mieux comprendre pourquoi des centaines, des milliers de personnes, ont toujours ignoré les preuves irréfutables de son innocence (comme le rapport du FBI et le jugement d’un tribunal…) au profit de ce qui venait conforter leurs idées reçues (médias)…

Repérez maintenant vos propres biais cognitifs dans n’importe quelle situation, personnelle ou sociétale, et demandez-vous si vous ne privilégiez pas ce qui conforte vos croyances au détriment de faits avérés… (à tout hasard, sur des débats de société actuels ?)

port du masque manipulation biais cognitifs

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